Condamnée pour s’être défendue contre une agression sexiste – Paris, France

Communiqué envoyé par des féministes parisienNEs au groupe antifasciste du Pays basque Nord :

Antisexisme La HordeFin 2013, une habituée de « la Mutinerie » s’est faite agresser, vers 2h du matin à la fermeture du bar. Elle donnait un coup de main au personnel et comptait passer le balai devant le bar, lorsqu’ un homme lui a adressé des propos à caractère sexiste et sexuel : « en passant le balai t’auras qu’à te pencher, t’y verras peut être mieux et au passage tu me suceras« , « la petite pute croit qu’elle va faire peur à qui ?« , « vous les gouines vous vous prenez trop pour des bonhommes« … Elle s’est défendue verbalement en lui intimant de cesser, ce qui n’a pas empêché l’homme de s’en prendre à elle physiquement. Elle s’est alors défendue par des coups.
Vraisemblablement alcoolisé au moment des faits, c’est seulement deux jours plus tard que l’agresseur est allé porter plainte. La victime, qui a du se défendre d’une agression sexiste, sexuelle et lesbophobe, s’est vue prescrire plusieurs jours d’ITT (interruption temporaire de travail) pour être finalement convoquée au commissariat de police. Aujourd’hui mardi 8 avril, son audience avait lieu avec pour chef d’accusation : violences volontaires ayant entrainé une ITT de plus de huit jours. En plus des frais de justice, le verdict la condamne à 5 mois de prison avec sursis sur une période de mise à l’épreuve de 5 ans et à verser une provision de 800 euros à l’agresseur. Ceci afin d’effectuer une expertise médicale pour déterminer le montant total des dommages et intérêts qu’elle devra verser.
C’est une sanction particulièrement sévère ! En effet le procureur et le plaignant ne demandaient « que » des dommages et intérêts assortis d’une amende. Le montant total pourrait atteindre 10 000 euros, selon l’avocat. Au rendu du verdict, 18 féministes présentes en soutien à l’accusée ont alors manifesté pacifiquement leur désaccord dans la chambre du Tribunal de Grande Instance. EvacuéEs avec force et violence, elles ont été retenuEs pendant deux heures devant le palais de justice, sans que leurs droits ne leur aient été notifiés, ni les motifs de leur rétention. EmmenéEs au commissariat puis relâchéEs après vérification de leurs identités, il leur a été signifié que certainEs d’entre elles seraient prochainement convoquéEs pour répondre aux accusations d’outrage à agent et de dégradation de matériel (des bancs de la chambre correctionnelle cassés lors de leur évacuation par la police).
Dans un contexte de recrudescence des violences contre les femmes, les trans et les gouines (agressions physiques suite à des démonstrations d’affection, insultes, attouchements dans les transports, remarques graveleuses… à la fois dans des espaces privés et publics), une fois de plus, la justice protège les agresseurs et condamne les femmes qui se défendent ou dénoncent l’impunité et la justice patriarcale. Quel signe nous est ainsi envoyé lorsque nous décidons de nous défendre face aux agressions verbales, physiques, menaces de viol, perpétrées par des hommes cisgenres ? La logique de la « réponse proportionnée » devrait donc nous amener à nous contenter de dire « non merci bisous » face aux menaces symboliques et physiques que nous subissons ? La victime de l’agression, pour s’être défendue sans ambiguïté et sans s’excuser, a déjà dû payer 2400 euros de frais d’avocat, a écopé de 5 mois avec sursis et risque de devoir débourser une somme considérable à cause d’une société pro­viol secondée de sa police patriarcale, qui ne reconnait pas aux femmes, aux gouines, aux trans, la légitimité de se défendre contre les agressions sexistes constantes dans l’espace public comme dans la sphère privée.
Nous exigeons : la relaxe pour la personne condamnée, l’abandon des poursuites à l’encontre des personnes interpellées au TGI, une interprétation de la notion de « proportionnalité » de la légitime défense plus en adéquation avec l’oppression vécue pour toutes les femmes, gouines, trans’ confrontéEs à des agressions dans l’espace public comme privé. Une manifestation contre les violences sexistes, lesbophobes et transphobes est en cours de préparation.
FACE AUX VIOLENCES, LEGITIME DEFENSE !

Des féministes parisienNEs
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Pablo Hasél condamné à 2 ans de prison pour avoir écrit des chansons – État espagnol

Ce rappeur communiste de 26 ans vient d’être condamné à deux ans de prison par l’Audience Nationale espagnole.

Pablo Rivadulla Duró, connu artistiquement comme Pablo Hasél, rappeur communiste catalan connu pour ses chansons engagées, vient d’être condamné à deux ans de prison par l’Audience Nationale espagnole. Accusé d’apologie du terrorisme, le chanteur de 26 ans explique que la justice espagnole le condamne « pour plusieurs chansons et écrits dans lesquels [il] exprime [sa] haine des oppresseurs, des coupables de la situation intolérable que nous vivons, des responsables d’un génocide quotidien. » (1) Sans minimiser ses positions politiques révolutionnaires, Pablo dénonce la justice à deux vitesses d’un pays capitaliste tel que l’État espagnol : « dire dans des chansons que les immigrés doivent être assassinés […] n’est pas condamné et c’est normal, là où la Garde Civile vient d’assassiner 15 immigrants. » (1)

Deux poids, deux mesures

Il est vrai que l’État espagnol, ses politicienNEs, ses médias, etc pratiquent activement l’apologie du fascisme tandis qu’ils interdisent toute revendication antifasciste ou révolutionnaire un tant soit peu virulente. Il en est de même avec, d’une part l’interdiction de prendre position pour un groupe armé et révolutionnaire (ETA, GRAPO, …), et d’autre part l’absence de jugement de certains responsables des groupes armés fascises auteurs d’assassinats (GAL, les BVE, …). Le journal en ligne La República avait déjà posté un communiqué de Pablo Hasél concernant sa situation récente, avant sa comparution. (2)

Sources :
(1) Pablo Hasel: “Me quieren condenar a 2 años de prisión por hacer canciones y escribir”, La República.
(2) Comunicado de Pablo Hasél tras su juicio en la Audiencia Nacional, La República.

Pablo Hasél (liberatz) 2014-04-01