ZAD du Testet : un mort – Galhac, Occitània

Rémi Fraysse, 21 ans, est mort ce 26 octobre, suite à l’attaque de la ZAD du Testet par les forces de police.


Testet (ZAD, Galhac) 2014-10 - drapeau rougeCela fait maintenant plusieurs mois que le pays de Galhac* est devenu le théâtre d’affrontements réguliers. En effet, il est prévu d’y construire un barrage d’1.5 million de mètres cubes à des fins d’ « équilibre hydrologique » (selon le Conseil Général du Tarn, citant le Ministère de l’Environnement). Les travaux ont déjà commencé, détruisant un espace de biodiversité servant de refuge à de nombreuses espèces animales. Certaines d’entre-elles sont déjà menacées. Le 25 octobre, une nouvelle manifestation avait lieu pour protester contre la poursuite des travaux, le rapport d’experts n’ayant toujours pas été remis à la Ministre de l’Environnement, Ségolène Royal. Après quelques échauffourées dans l’après-midi, le calme était revenu en début de soirée. Des concerts avaient lieu le soir-même.

Les Gardes Mobiles ont trainé le corps de Rémi à l’écart de ses camarades

Testet (ZAD, Galhac) 2014-10 - monticuleVers 2h du matin, alors que le public des concerts et des animations a quitté les lieux, les Gardes Mobiles procèdent à une charge. Cette dernière donne lieu à un échange de projectiles, notamment un lancer massif de « grenades lacrymogènes, incapacitantes et explosives ». Une personne tombe à terre. C’est Rémi Fraysses, 21 ans, touché dans le dos, sans doute [obligation légale, ndlr] par une grenade des forces de police. Les agents trainent alors le corps inerte de Rémi de leur côté, mettant en joue ses camarades, les empêchant de venir à son secours. Plus tard, des gyrophares de pompiers sont aperçus du côté des Gardes Mobiles. À 5h du matin, les affrontements ne sont toujours pas terminés. Vers la fin de la nuit, après de nombreux lancers de grenades, les forces de police procèdent à un gazage massif afin de couvrir leur fuite.

Des manifestations ont eu lieu partout dans l’État français

On voit le lieu où Rémi serait tombé, au deuxième plan. Le sang séché est cerclé de bleu. Au premier plan, à quelques mètres, l’impact au sol d’une grenade explosive. On observe dans le coin droit un bout de sangle de sac à dos.

On voit le lieu où Rémi serait tombé, au deuxième plan. Le sang séché est cerclé de bleu. Au premier plan, à quelques mètres, l’impact au sol d’une grenade explosive. On observe dans le coin droit un bout de sangle de sac à dos.

Un homme qui luttait contre la destruction du pays de Galhac au nom du profit et de l’agriculture intensive a donc été assassiné par les forces de l’ordre. Nous condamnons fermement cet acte, qui rappelle l’assassinat de Sébastien Briat, militant opposé au passage d’un train de déchets nucléaires à Avricourt en 2004. Suite à la mort de R. Fraysses, des manifestations ont eu lieu, d’abord sur place, puis un peu partout dans l’État français pour dénoncer ce crime. Un rassemblement a d’ailleurs été convoqué à Pau par diverses organisations ce 27 octobre à 19h. La manifestation de Galhac a, en dépit de toute dignité, été réprimée par les forces de police.

« Si j’avais su que ce serait un tel bordel… »

Rémi Fraysses assassinat Mélenchon traitreMais au milieu des réactions de condamnation de cet odieux assassinat, certaines voix s’élèvent pour défendre la République. C’est par exemple le cas de Jean-Luc Mélenchon, patron du Parti de Gauche, dont nous vous invitons à lire la réaction ici ou sur la gauche du paragraphe (nous vous invitons également à vous munir d’un sceau ou de tout autre récipient avant de lire ; ce blog nous est inconnu, aussi nous n’affirmons en aucun cas cautionner les autres contenus qui s’y trouvent). Autre réaction dont l’indécence n’a d’égal que l’égoïsme, celle de Thierry Carcenac, Président (PS) du Conseil Général du département du Tarn : « Si j’avais su que ce serait un tel bordel, je ne me serais peut-être pas lancé dans un tel projet. »

La famille de Rémi Fraysses annonce qu’elle va porter plainte pour homicide volontaire.

Actualisation du 30 octobre : Denis Favier, Directeur Général de la Gendarmerie Nationale, exclut de suspendre le gendarme qui a tiré la grenade qui serait à l’origine de la mort de Rémi Fraysses. Le patron de la Gendarmerie affirme que l’escadron qui est intervenu sur le site du Testet est « meurtri ». Nous pensons à ce moment à la famille de Rémi, victime une nouvelle fois de l’absence totale de compassion de la part d’une nouvelle personnalité publique.

* Gaillac en français.

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