Manifestations après l’assassinat de Rémi Fraysse – État français

Rémi Fraysse - Nantes - flics gazentSuite à l’assassinat de Rémi Fraysse, des manifestations ont éclaté un peu partout dans l’État français.  Le préfet de Loire-Atlantique accuse les manifestantEs nantaisEs d’avoir lancé des bouteilles d’acide sur la police. Il affirme également que cette dernière n’a pas fait usage de flashballs. Pourtant, un manifestant a eu le nez arraché par une balle de ce type de fusil. Pendant ce temps, à Nantes toujours, des fascistes facilitent le travail de la police en menant une campagne de délation contre les manifestantEs, notamment en les prenant en photo et en diffusant ces dernières sur Internet.

Proposition n°2205 : une loi contre l’antifascisme – État français

CRS 1968 02Un projet de loi visant à dissoudre les groupes antifascistes a été proposé à l’Assemblée Nationale.

« Proposition de loi n°2205« . C’est le nom du projet qui viserait à « élargir les conditions de dissolution des associations ou groupements de fait tels que les groupes « antifas » ». En effet, sous prétexte de « violences », de « trouble » et d’atteinte portée « aux biens et aux personnes, en particulier contre les forces de l’ordre et les institutions publiques », des députés de droite ont déposé cette proposition de loi le 17 septembre dernier à l’Assemblée Nationale.

Risques de poursuites

Le projet pourrait restreindre la liberté des militantEs antifascistes à s’organiser en collectif, y compris en tant que « groupement de fait ». Ceci ferait courir le risque à n’importe lequel/laquelle de nos camarades d’être la victime de poursuites judiciaires pour le simple fait d’être militantE.

Suite à la manifestation contre la venue de Louis Aliot (FN) – Pau, Occitània

Le 6 mai, à 16:30, des militants de l’Action Antifasciste de Pau, de Libertat et des non-organiséEs avons commencé à nous regrouper au bout de la Rue Montpensier. Dès notre arrivée, nous avons subi des provocations de la part de la Brigade Anti Criminalité (BAC). Le quartier était alors sujet à un dispositif policier disproportionné. Vers 16:50, nous avons tenté de nous rapprocher du local du FN, munis d’une banderole (cosignée AAF-Pau et Libertat) portant le message « Pishem sus l’ehlama de l’òdi ! Pissons sur la flamme de la haine ! » et scandant le slogan « F comme fasciste, N comme nazi ! À bas le Front National ». Une autre banderole faisait référence aux proximités idéologiques entre le FN et les néo-nazis ukrainiens qui ont assassiné une quarantaine de syndicalistes à Odessa. Instantanément, la BAC nous a coupé la route et nous a repoussés jusqu’au trottoir, sans que nous n’ayons pu nous approcher du local frontiste. Ils ont alors établi un rapport de force, exerçant des pressions physiques (proximité, postures agressives) et verbales (menaces de nous « fumer » et de nous « faire finir la manif au poste »).

Louis Aliot est alors arrivé en voiture. Nous avons de nouveau tenté de nous rapprocher, sans succès. Puis, certainEs militantEs ont réussi, de manière individuelle, à se rapprocher du local. La BAC a alors redoublé d’agressivité, les poussant avec violence jusqu’à la place qu’elle semblait nous avoir attribuée. Nous avons réagi en nous interposant. C’est là que nous avons reçu des coups et des menaces, essayant dans le même temps de nous protéger et de nous défendre. « Toi, si tu continues à pousser, tu pourras plus mâcher », lance un policier à un de nos camarades. Dans la rue, le slogan retentit : « la police protège le Front National ! » Après un retour au calme, nous sommes restés sur notre position, continuant de scander des slogans. Aliot part en voiture. La manifestation se dissout dans le calme.

Communiqué suite à la venue de Manuel Valls le 18/03/2014 – Pau, Occitània

Venue de Manuel Valls à Pau : un nouvel épisode répressif.

ManifestantEs contre la venue de Manuel Valls, devant la conciergerie du Lycée Louis Barthou.

ManifestantEs contre la venue de Manuel Valls, devant la conciergerie du Lycée Louis Barthou.

Suite à notre appel à manifester, nous nous sommes rassembléEs devant le Palais Beaumont. Après être restéEs assisES pendant moins de 5 minutes[ajout du 05/05/2014 : nous ne faisions pas un sit-in, nous étions simplement assis sur une murette, d’autres discutaient… c’est notre seule présence qui dérangeait la police], nous avons été évacuéEs manu militari à l’aide de clés de bras, etc par les forces de police (BAC et Police Nationale), sans avoir pu mener la moindre action, et afin de « laisser arriver l’autorité dans la sérénité”. Faisant part de notre désapprobation et voulant faire valoir nos (soit-disant) droits démocratiques, nous avons eu droit à des phrases du type « tu vas fermer ta grande gueule sinon je te mets une boîte” (agent de la BAC) et autres menaces. Il est nécessaire de préciser que, parmi les personnes encadrées par la police, était présent un enfant de 9 ans. Nous avons par la suite subi un contrôle d’identité totalement injustifié sous la menace d’être « amenéEs au commissariat”. C’est sous la bonne garde d’une quinzaine de policiers/ères nationaux/ales et d’une dizaine de CRS que nous avons été amenéEs à environ 300 mètres du Palais Beaumont, devant la conciergerie du Lycée Louis Barthou. Là, nous avons déployé notre banderole dont le slogan était « PS, Valls, on n’oublie pas : expulsions, Rroms, Georges Abdallah, Aurore Martin, solidaire de l’État d’Israël. La vergonha !” co-signée par Libertat ! et l’Action Antifasciste de Pau. Nous étions alors sous la surveillance du gros du contingent policier déployé pour l’occasion.

On voit là une nouvelle fois* la démocratie du PS – pas plus glorieuse que celle de l’UMP – et la répression qui caractérise depuis toujours l’État français jacobin, dans son refus catégorique de laisser s’exprimer tout dialogue et toute opposition progressiste, bien qu’elle fut pacifique. Ainsi, l’image qui pourra ressortir de la venue de Manuel Valls, de David Habib (candidat PS à la Mairie de Pau) et du PS dans les médias, sera celle de monarques dans leur fief. On remarquera le passage éclair de Martine Lignères-Cassou (Maire PS actuelle de Pau) et son mépris total pour les manifestantEs, interditEs de séjour devant le lieu du meeting.

Nous ne nous laisserons pas intimider par ces méthodes dignes d’un autre temps, ni par la censure de toute opposition ! L’État a fait son boulot, nous saurons faire le nôtre !

* Nous avions déjà été arrêtés suite à l’occupation du local du PS en Octobre 2013, action menée en solidarité avec Georges Abdallah.

Action Antifasciste Pau, Libertat !, OC Futur Rouge, Kimetz

Actualisation le 19 mars 2014 : Environ une quarantaine de camions de CRS étaient présents dans le secteur. Notre communiqué n’est pas passé dans la presse, tandis que la venue de Valls faisait les gros titres. Lors de notre contrôle d’identité, un jeune homme arborant un sweat de La Manif Pour Tous était juste à côté de nous… il n’a pas été inquiété et a pu se rendre au meeting.

En Occitan (traduction venant du site de Libertat, avec quelques oublis) :

Valls a Pau : naveth episòdi repressiu !

En seguir deu noste aperet a manifestar, que s’èm amassats dabant lo Palai Beaumont. 5 minutas après estar arribats, qu’èm estats evacuats manu militari dab clau de braç, etc. per las fòrças de policia (BAC e Polici nacionau), shens aver podut miar l’accion, e entà « laisser arriver l’autorité dans la sérénité« .

En har part de la nosta desaprobacion e deu nostes drets democratics, qu’avem avut dret a frasas com aqueras « tu vas fermer ta grande gueule sinon j’te mets une boîte (agent de la BAC) e auteas miaças. Qu’ei necessari de precisar que, au bèth miei de las personas encadradas per la policia, era present un mainat de 9 ans. Que pati en seguir d’un contraròtla d’identitat totaument injustificada devath la miaça d’estar emportats au comissariat. Qu’ei devath la bona garda d’un quinzenat de policiers/eras nacionaus e d’un detzenat de CRS qu’avem desplegat la nosta banderòla dab l’eslogan: « PS, Valls, ne desbrombam pas: expulsions, Rroms, Georges Abdallah, Aurore Martin, solidaris de l’Estat Israelian. La vergonha ! » co-signada dab l’Accion Anti-fascista de Pau. Qu’eram alavetz devath la susvelhança deu gròs deu contingent policier desplegat tad aqueth parat.

Que vedem un naveth còp* la democracia deu PS – pas mei gloriosa que la de l’UMP – e la repression qui caracterisa despuish tostemps l’Estat francés jacobin, dens lo son arrefus categoric  de deishar s’exprimir tota opausicion progressista, quitaent pacifica. Atau, l’imatge qui poderà sortir de la vienuda de Manuel Valls, de David Habib (candidat PS a la mairia de Pau) e deu PS dens los médias, que serà la de monarques dens lo lor capdulh. Qu’arremarcaram lo passatge brac de la Martina Linhèra-Casso (Maira deu PS actuau) e lo son mesprès totau entaus manifestant(a)s, « defenuts d’arrepaire » dabant lo lòc deu meeting.

Ne’ns deisheram pas intimidar per aquestes metòdes dignes d’un aute temps, ni per la censura de tota oposicion!

Contre la répression policière – Pau, Occitània

Ces derniers mois, de nombreux militant-e-s ont été arrêté-e-s par les forces de police, qui répriment l’action de la classe travailleuse dans la défense de ses droits. Ces arrestations entraînent souvent des frais (avocat, amende, etc). C’est pourquoi l’Action Antifasciste – Pau organise une soirée de solidarité avec ces militant-e-s, victimes de la répression policière. une partie des bénéfices de cette soirée et des suivantes sera reversée aux militants les plus touchés par la répression.

Rendez-vous à la Tor deu Borrèu
ce soir (12 février 2014) à partir de 21:30.

Réforme de la loi sur l’avortement – État espagnol

"Merci ma belle. Ne me dénonce pas pour le viol et je ne te dénoncerai pas pour l'avortement. Pour toi ce serait six ans de plus."

« Merci ma belle. Ne me dénonce pas pour le viol et je ne te dénoncerai pas pour l’avortement. Pour toi ce serait six ans de plus. »

Alberto Ruiz Gallardón, Ministre de la Justice du gouvernement PP (Partido Popular), avait annoncé dès 2012 sa volonté de réformer la loi concernant l’avortement. C’est désormais chose faite. En effet, le 20 décembre, le gouvernement de l’État espagnol a approuvé une réforme qui représente un recul de 30 ans dans les droits des femmes. Son nom: « loi organique de protection de la vie de l’embryon et des droits de la femme enceinte ». Ne pourront à présent avorter que les femmes dont l’enfant est le fruit d’un viol – il faudra avoir porté plainte au préalable – et celles pour qui l’enfant représentera un « grave danger pour la vie ou la santé physique ou psychique ». Le motif de malformation de l’enfant ne sera plus valable pour justifier un avortement. Et les médecins qui seraient tentés de ne pas respecter la loi seront poursuivis en justice. En revanche, ceux qui refuseraient de pratiquer un avortement ne seront pas inquiétés.

Répression

Visuel basque en faveur du droit à l'avortement.

Visuel basque en faveur du droit à l’avortement.

Suite à la présentation de cette réforme, des femmes et des hommes se sont mobilisés afin de lutter contre cette grave atteinte au droit des femmes. Mais les forces de police ont su leur rappeler qu’on ne discute pas avec le pouvoir capitaliste: les manifestations ont été violemment réprimées et les sit-in dissous.

Source: El País

Pour aller plus loin: Huffington Post, La Sexta.

Georges Ibrahim Abdallah : 30 ans de prison, 30 ans de résistance – Occitània

Bientôt commencera la trentième année de détention de Georges I. Abdallah. A cette occasion, l’AAF-Pau met à disposition des lecteurs/trices le communiqué disponible sur Libérons Georges (voir ci-dessous), appelant à la manifestation du 26 Octobre, à 14h, devant la Gare de Lannemezan (Lanamesa, Òc).

Liberté pour Georges Abdallah ! 30 ans de prison, 30 ans de résistance !Georges I Abdallah sept2013
Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste libanais âgé de 62 ans, arrêté à Lyon en 1984, a été condamné à la réclusion à perpétuité pour des actions revendiquées par les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises (FARL). Il entrera le 24 octobre 2013 dans sa 30ème année de détention. C’est un résistant qui a combattu l’invasion israélienne du Liban en 1978. Il a combattu, notamment comme membre du Front Populaire de Libération de la Palestine, contre l’occupation de la Palestine.
Il a terminé sa peine de sûreté depuis 1999. Son maintien en captivité est un choix politique de l’État français appuyé par Israël et les États-Unis. A ce sujet, la DST (service secret français) a déclaré en 2007 : « Personnalité emblématique de la lutte anti-sioniste, la libération de Georges Abdallah constituerait sans nul doute, au Liban, un évènement. Il sera probablement fêté comme un héros à son retour dans son pays, mais aussi par différentes mouvances engagées dans la lutte révolutionnaire ». Le rejet de sa huitième demande de libération conditionnelle en avril 2013, après de nombreuses manœuvres politico-judiciaires, montre bien la volonté de ne pas le libérer. Ce qui lui vaut cet acharnement, c’est de rester un militant anti-impérialiste et pro-palestinien implacable et de n’avoir jamais renié ses opinions.
Au Liban, dans le Monde arabe, mais aussi en Europe et dans le reste du monde, la lutte pour sa libération s’amplifie. Car seule une forte mobilisation populaire fera sortir Georges Abdallah de prison. Nous appelons à un rassemblement le plus large possible, le samedi 26 octobre 2013 à 14h à Lannemezan devant la prison où il est enfermé. Pour reprendre ses mots « Ensemble, camarades, nous vaincrons et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons ».
Palestine vivra, Palestine vaincra ! Libérez Georges Abdallah ! Manifestation le 26 octobre 2013 Rendez-vous à 14 h devant la gare de Lannemezan

Même après 30 ans d’enfermement, notre camarade reste fidèle à ses idées ! Bien qu’il soit un des plus vieux prisonniers politiques d’Europe, Georges n’est pas la seule personne à payer son engagement politique de la sorte. Membres d’Action directe, syndicalistes, prisonniers politiques basques, corses… la liste de ceux qui sont retenus dans les geôles françaises est longue. Car pour se retrouver – ou rester – derrière les barreaux, il n’est pas nécessaire d’avoir employé la violence. Il suffit d’avoir des opinions qui remettent en cause le capitalisme et l’impérialisme. Mais même dans le cas où l’emploi de la violence serait la raison de l’incarcération, il faut se poser la question de pourquoi cette violence. Or, comme disait le communiste José Miguel Beñarán Ordeñana « Argala », la violence des travailleurs n’est qu’une réponse à la violence des oppresseurs.

Liberté pour les prisonniers-ères politiques révolutionnaires !

Tou-te-s à Lannemezan pour lutter contre la répression capitaliste !

En Occitan:
Bethlèu que harà 30 ans qu’ei detiengut lo Georges I. Abdallah. A d’aqueth parat, l’AFF-Pau que presenta aus legidors lo comunicat disponible sus Libérons Georges (véder ací-devath) qu’apèra a manifestar lo 26 d’octobre, a 2òras lo vrèspe, per davant la gara de Lanamesa.
Comunicat
Quitament arron 30 ans d’embarrament, lo noste camarade que demora fidèu aus sons principis ! S’ei un deus mei vielhs presoèrs politics d’Euròpa, Georges n’ei pas lo sol que pateish atau lo son engatjament politic. Sòcis d’Action Directe, sindicalistas, presoèrs politics bascos, còrses … b’ei longa la lista deus que son retienguts dens las presons francesas. Arretrobà’s -o demorar- aquiu dehens non significa pas forçadament qu’an usat la violéncia. Que sufeish de hicar en causa lo capitalisme e l’imperialisme.
Quitament se son embarrats en per’mor d’actes violents, que’s cau demandar perqué an hèit aquera causida. Com ac digó lo comunista José Miguel Beñarán Ordeñana « Argala », la violéncia deus tribalhadors n’ei pas qu’ua responsa a la violéncia deus opressors.

Libertat taus/tà las presoèr-a-s politic-a-s revolucionari-a-s !

Tot-a-s a Lanamesa tà lutar contre la represion capitalista !